Depuis les origines de l'indice, un investissement sur le CAC 40 sur une durée de 10 ans a rapporté en moyenne 7,83% par an. Et très rares ont été les perdants...
8 à 10 ans. Tel est l'horizon sur lequel il est généralement conseillé d'investir quand on se positionne sur les actions. La raison est simple. Les actions sont des actifs volatils. Si le CAC 40 a gagné 9,26% en 2017, il a par exemple baissé de 10,95% l'année suivante. Un investissement sur 2017 et 2018 uniquement a donc été perdant.
Une durée plus longue permet d'absorber les chocs et donc d'espérer une performance positive même en présence de vents contraires. Voici pour la théorie, mais qu'en est-il dans la réalité ? Pour mettre à l'épreuve ce principe, nous avons passé au crible les performances des actions françaises depuis trente ans.
Ne pas se tromper de référence
Si l'attention quotidienne se porte habituellement sur le CAC 40, il faut garder à l'esprit que ce dernier n'est qu'un indice de prix. Il ne mesure que l'évolution des cours et laisse de côté une composante essentielle de la performance des actions : les dividendes.
Nous avons donc privilégié le CAC GR, qui reflète la performance totale des actions, distribution incluse et réinvestie. A titre d'exemple, le CAC 40 a gagné 76% au cours des dix dernières années, mais si on ajoute les dividendes servis, le gain passe à...139%.
Bien entendu, nous aurions pu mesurer l'évolution du CAC NR, qui intègre les dividendes nets de fiscalité. Toutefois, la fiscalité retenue est ici théorique. Or, la charge fiscale réelle peut être très variable selon les investisseurs.
Nous avons ensuite mesuré les performances dégagées par des investissements réalisés sur 10 ans : de fin 2015 à fin 2025, de fin 2014 à fin 2024, etc. En remontant jusqu'aux origines du CAC, nous avons ainsi pu évaluer une trentaine de périodes d'investissement.
Jusqu'à 5 fois la mise
Certains résultats sont spectaculaires. Un investisseur entré fin 1990 et sorti fin 2000 a ainsi multiplié sa mise par 5. Bien entendu, il s'agit là d'un cas exceptionnel, mais dans l'ensemble, le bilan demeure extrêmement positif. En moyenne depuis 1987, un investissement en actions sur une durée de 10 ans a rapporté 112%, soit 7,83% de rentabilité annuelle moyenne.
Les résultats montrent aussi et surtout qu'un horizon long permet d'amortir les crises. 2001 et 2002 ont été des années difficiles avec des replis successifs voisins de 20% et 32% pour le CAC GR. Pour autant, un actionnaire entré fin 1993 et sorti fin 2003 est resté largement gagnant avec une performance annuelle moyenne de 7,03% sur la période.
Peu de perdants
Finalement, sur la trentaine de périodes étudiées, presque toutes se sont soldées par un bilan positif. Seuls les investisseurs sortis entre 2009 et 2011 ont accusé des pertes. Il faut dire qu'ils ont fait face aux conditions les plus défavorables possibles en subissant les crises de 2001, 2002 et 2008 (-40% sur cette seule année) et n'ont pas pleinement profité de la hausse des marchés à la fin des années 1990. Il n'empêche que même en présence de ces vents opposés maximaux, les pertes annuelles moyennes n'ont pas dépassé 1,23% (entre fin 2000 et fin 2010)... Et il aurait alors suffi de maintenir l'investissement quelque 30 mois supplémentaires pour le faire revenir dans le vert.
Largement de quoi couvrir la fiscalité et l'inflation
Si notre analyse a volontairement omis la fiscalité pour les raisons évoquées précédemment, force est en tout cas de constater qu'avec en moyenne un capital plus que doublé en dix ans (7,83% de rentabilité annuelle moyenne), les placements en actions restent sans aucun doute encore très largement profitables après le passage par la "case impôts et prélèvements".
De la même façon, il est intéressant de rapprocher ces chiffres de l'inflation passée, l'objectif minimal assigné à un placement étant de compenser l'érosion monétaire. Là encore, le bilan est plus que satisfaisant. Avec une inflation annuelle moyenne de 1,55% sur les périodes étudiées, on peut donc affirmer que les investissements en actions sur 10 ans ont dégagé une performance annuelle moyenne de 6,19% nette d'inflation.
Le marché actions constitue donc bel et bien la classe d'actifs la plus pertinente pour qui a la capacité d'engager ses capitaux à moyen, voire à long terme.
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